« Nice comptait alors encore près de dix mille familles russes, un noble assortiment de généraux, de cosaques, d’atamans ukraniens, de colonels de la garde impériale, princes, comtes, barons baltes et ci-devant de tout poil - ils réussissaient à recréer au bord de la Méditerrannée une atmosphère à la Dostoïevski, le génie en moins. Pendant la guerre ils se scindèrent en deux, une partie fut favorable aux Allemands et servit dans la Gestapo, l’autre prenant une part active à la Résistance. Les premiers furent liquidés à la Liberation, les autres s’assimilèrent complétement et disparurent à tout jamais dans la masse fraternelle des quatre-chevaux Renault, des congés payés, des cafés-crème et de l’abstention aux éléctions. »
~ Romain Gary dans La promesse de l’aube

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